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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/611

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éditeurs enfin, réclament à grands cris une pâture qu’ils aiment, dont ils ont besoin, et que nous nous obstinons à lui refuser ? Enfin, signalerai-je cet exemple qu’un certain soir de février, amené par un hasard au huitième concert de la Société Diligentia à la Haye, je fus ébloui, à la lettre, par l’exécution splendide de la Symphonie fantastique de Berlioz, dirigée par M. Johan Wagenaar, ainsi que par celle de trois morceaux de Debussy ? A Paris même, j’ai ouï rarement des auditions aussi parfaites, aussi dépourvues de toute ombre de cabotinage instrumental. La Hollande musicale ne mérite pas moins d’être connue que la Hollande littéraire, certes ! et tant d’autres Hollandes de nous Français trop peu connues… Et toutes ces découvertes me suggéraient bien des réflexions, lorsque, perdu dans le lacis des quais d’Amsterdam, je regagnais, le soir, le gîte où m’attendait quelque accès de malaria.


HOMMAGES A LA FRANCE

D’Amsterdam, à tout instant, je poussais des pointes çà et là, partout où la parole française était demandée. Ainsi faisait mon compagnon. Il allait de la sorte à Haarlem, a Devenler, à Nimègue, à Almelo, à Utrecht, etc., et montait en chaire dans plusieurs de ces églises wallonnes, si précieuses pour le maintien du souvenir français en Hollande. Notre séjour, très court dans le plan primitif, s’était allongé après le torpillage du Copenhague et la raréfaction des courriers. Au lieu de deux semaines d’arrêt, nous en étions maintenant à notre sixième semaine. Heureux retard, qui ouvrit à notre étude un champ imprévu, et amena les audiences accordées par LL. MM. les Reines, celle de la reine Wilhelmine le 19 mars, celle de la reine douairière le 26 mars, le jour même où la France devait être fêtée à l’occasion de nos modestes personnes, au banquet du Wittebrug, près la Haye. Il ne pouvait être