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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/58

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les armées de l’Est venant caler les armées de l’Ouest pour s’établir, en dernière extrémité, l’une, la 2e armée, sur la haute Meuse au sud de Vaucouleurs, l’autre, la 1re armée, venant s’adosser contre le plateau de Langres.

Mais, maintenant, de toutes façons, c’est à l’Ouest que la partie se joue. La bataille qu’il faut gagner pour le salut de la France, c’est celle que prépare l’Instruction générale du 25 août. Elle résultera de la manœuvre qui dispose nos armées en une figure articulée et qui surprendra l’ennemi à la fois par une offensive de front et par une action imprévue des lignes extérieures.)


L’ensemble des mesures et des décisions édictées dans la « Note aux armées » du 24 août et « l’Instruction générale » du 25, l’une d’ordre tactique et l’autre d’ordre stratégique, fait un tout qui se tient solidement.

L’interprétation que nous avons essayé d’en donner en les appliquant simplement a la réalité, suffit pour indiquer leurs caractères : décision, fermeté, lumière, bon sens ! Ces deux ordres sont marqués au sceau des qualités françaises ; la méthode est purement cartésienne. Une trame forte et robuste, une forme élégante et claire, la belle ordonnance qui préside à la construction et au moindre détail, cette pensée qui éclaire les points les plus mystérieux de la situation présente et qui illumine les perspectives de l’avenir, cette puissance d’intuition qui pénètre et qui crée, je ne sais quelle modération et quelle modestie au moment où il s’agit d’ébranler des masses aussi formidables, tout contribue à élever ces deux pièces, et la secondé surtout, au niveau des plus beaux morceaux de l’art. Si le génie militaire est, comme on l’a dit, l’expression suprême de la civilisation d’un peuple, rien ne prouve mieux la pénétration, la rectitude et l’autorité du génie français.

Résumons en deux mots leur sens profond : la bataille de Charleroi étant perdue et la retraite ayant commencé, cette retraite se transforme, par la volonté du chef, en une manœuvre qui s’achemine vers la bataille de la Marne.