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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/469

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et qui n’est pas toujours, — l’anatomie n’étant pas la géométrie, — la ligne droite.

On peut aussi faire deux radioscopies sous deux angles différens le sujet restant immobile et l’ampoule étant déplacée. Il y a de la sorte une quantité de méthodes radioscopiques de trigonométrie chirurgicale, qui conduisent toutes au résultat cherché. Certains chirurgiens, — il faut pour y réussir une grande habileté, — emploient la radioscopie, non seulement pour découvrir le projectile, mais pour l’extraire. Ils opèrent alors sous l’écran, et les précieux rayons servent en ce cas non seulement à repérer, si j’ose dire, l’objectif, mais à régler le tir du praticien. Deux modes opératoires sont alors employés : dans le premier on opère au moyen d’instrumens coudés que l’on place par rapport aux rayons X de telle sorte que la projection de l’une des branches soit réduite à un point et se confonde avec le projectile ; on est sûr alors que l’instrument est dans la direction voulue. Dans le second, on opère avec une sorte de jumelle radioscopique employée par un radiologiste, auxiliaire du chirurgien qui regarde pendant que celui-ci opère et le guide. L’auxiliaire seul voit radioscopiquement le corps étranger. C’est, comme on l’a dit, « l’aveugle et le paralytique. »

Le danger de ces méthodes radioscopiques est qu’elles obligent à maintenir le patient assez longtemps sous les rayons, ce qui peut amener parfois des radiodermites douloureuses. Aussi emploie-t-on beaucoup plus souvent la radiographie dans laquelle on opère par la photographie, ce qui ne laisse qu’un temps très court les organes exposés aux rayons. On peut abréger encore beaucoup le temps de pose en combinant les deux procédés, c’est-à-dire en appliquant un écran fluorescent contre la couche gélatinée de la plaque. À l’action directe des rayons X sur celle-ci s’ajoute celle des rayons lumineux de l’écran.

Soit qu’on ait ainsi sur la même plaque deux images obtenues en déplaçant l’ampoule, soit qu’on ait deux plaques différentes, une opération trigonométrique ou stéréoscopique simple permet de repérer exactement le projectile cherché. Mais il ne faut pas tarder alors à l’extraire, car souvent il se déplace peu à peu dans l’intérieur des tissus.

Qu’elle soit radiographie ou radioscopie, la radiologie se montre ainsi l’auxiliaire le plus précieux du chirurgien de guerre ; elle est pour lui ce qu’est l’avion pour l’artillerie. Mais de même qu’il y a des batteries irrepérables à tous les avions, il y a des corps étrangers que