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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/465

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bat et particulièrement dans les tranchées, les soins chirurgicaux doivent être réduits au minimum. Ils doivent se borner à parer aux complications pouvant être immédiatement mortelles et à mettre les plaies à l’abri des souillures… On les recouvrira simplement d’un pansement sec aseptique ou antiseptique. » Certains praticiens néanmoins se sont demandé, et avec beaucoup de raison, à mon sens, s’il ne convenait pas de contrarier d’une manière quelconque, dès l’arrivée au poste de secours, le développement de l’infection. Car, sous le pansement individuel, lequel n’est alors comme on l’a dit, qu’un « cache-misère, » les germes introduits par le projectile et ce qu’il entraîne ne restent pas inactifs, eux. Quel que soit, en effet, le progrès réalisé dans le rapprochement des ambulances chirurgicales, les nécessités du combat, le bombardement, les difficultés du terrain, la multiplicité des blessés font qu’il n’est pas rare que certains d’entre eux restent de nombreuses heures, même actuellement, sans avoir reçu d’autre pansement que celui du poste de secours.

Ces praticiens se sont donc préoccupés de réaliser dès le poste de secours un pansement, si j’ose dire, préventif, qui agit sur l’infection en attendant des soins plus complets, comme font à la frontière les troupes de couverture, en un mot une sorte de traitement prophylactique et simple des plaies dès le premier pansement. Dans cette catégorie il faut ranger comme ayant donné des résultats particulièrement heureux, la méthode de Vincent et celle de Mencière. Nous en reparlerons tout à l’heure.

Les projectiles produisent dans l’intérieur des chairs des cavités closes très volumineuses par rapport à leur orifice d’entrée, cavités qui sont, comme nous avons vu, favorables au développement infectieux. La première chose à faire pour le chirurgien doit donc être d’ouvrir ces cavités, de débrider largement la plaie pour mettre à un et rendre accessibles les plaies infectieuses, d’enlever les caillots et les parties mortifiées qui sont, comme nous avons indiqué, des milieux de culture favorables aux germes infectieux ; et surtout d’extraire les corps étrangers, projectiles, débris vestimentaires, etc., qui ont été les vecteurs de ces germes.

La question de savoir si ce débridement de la plaie et cette ablation des parties contuses doivent être faits d’une façon très large dès la formation de l’avant n’est pas considérée comme résolue dans le même sens par tous les praticiens et on en pourrait discuter longuement. Ce n’en est pas le lieu ici.

On a dit justement (J. L. Faure) que c’est au premier débride-