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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/464

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accompagnée des mesures qui eussent semblé naguère révolutionnaires (par exemple la spécialisation des chirurgiens et des médecins, l’utilisation de diverses compétences autrement que hors de leur compétence, une certaine proportionnalité enfin établie entre la capacité et la fonction, etc.) ; à cette révolution administrative, dis-je, ont correspondu des changemens dans la technique chirurgicale, imposés par la force des choses et qui devaient résulter du caractère même des plaies de guerre.

Rien ne montrera mieux le chemin parcouru que les résolutions arrêtées à l’unanimité par la conférence chirurgicale interalliée qui s’est réunie tout récemment au Val-de-Grâce sous la présidence de M. Justin Godart, sous-secrétaire d’État du Service de santé. Je me borne à en résumer quelques-unes :

« Il est essentiel de transporter les blessés le plus rapidement possible, dans l’un des grands hôpitaux du front situé de 10 à 20 kilomètres des lignes.

« Il est avantageux que chacun de ces hôpitaux ait sous sa dépendance une ou plusieurs annexes avancées, plus rapprochées de la ligne de feu, destinées à recevoir le plus tôt possible certains blessés graves (blessés shockés ou atteints d’hémorragie grave, blessés du thorax ou de l’abdomen, etc.).

« D’une manière générale, les plaies de guerre doivent être considérées comme contaminées ou infectées.

« Le but du traitement doit-être : 1° d’empêcher l’infection de se produire, si la plaie n’est pas contaminée, ou d’obtenir sa stérilisation, si l’infection est déclarée ; 2° de permettre la suture, quand la stérilisation clinique de la plaie est réalisée. »

En un mot, il s’agit d’abord de juguler les germes pathogènes introduits dans la plaie, puis de fermer celle-ci, mais seulement ensuite, de façon à ne pas enfermer le loup dans la bergerie.

Le blessé arrive au poste de secours. Il est capital que les plaies soient pansées le plus vite possible et qu’à l’infection à peu près fatale amenée par le projectile ne se surajoute pas une autre infection exogène. À ce titre, — mais peut-être à ce titre seulement, — le pansement individuel que possède réglementairement chaque soldat répond à une indication impérieuse. Il étend une infranchissable barrière entre la plaie et les sources nouvelles de contamination extérieure.

À ce sujet la conférence chirurgicale interalliée, dont je rappelais ci-dessus les conclusions, a émis l’avis que « dans les postes de com-