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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/447

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mais aussi aux pièces courtes des bâtimens spéciaux du type bombarde, ainsi qu’aux appareils aériens, dont on a le droit d’attendre beaucoup, si l’on s’attache, dès maintenant, à perfectionner en l’agrandissant, — car il faut toujours en passer par là, — l’avion actuel de bombardement. J’insiste encore sur ce fait qu’il ne suffirait pas de perfectionner cet engin, mais qu’il convient expressément de prévoir pour lui la création de bases rapprochées du théâtre de son action, bases fixes ou flottantes.

Ajouterai-je que l’on pout se demander si, outre les hydravions de bombardement qui seront nécessairement un peu gros et un peu lourds, il ne faudrait pas adjoindre à la flotte de siège des appareils plus particulièrement destinés au réglage du tir des vaisseaux ?

M. l’amiral Jellicoe, dans une récente interview à laquelle on a prêté tout naturellement une déférente attention, observait qu’il n’est pas toujours aisé de tirer juste à des distances de 18 000 à 20 000 mètres, qui sont celles, je crois, où se tenaient les navires anglais de haut bord dans une des dernières opérations contre Zeebrügge et Ostende. En effet. L’observation des points de chute n’est guère possible à de telles distances ; mais si elle ne l’est pas pour le bâtiment qui tire, elle l’est pour l’aéroplane qui survole l’objectif. J’entends bien qu’il reste la difficulté, pour cet appareil aérien, d’attribuer exactement tel ou tel coup à tel ou tel bâtiment. Ce n’est point là une difficulté insoluble dans un tir de bombardement méthodiquement conduit. Je dis méthodiquement, et c’est là un mot que j’ai eu souvent l’occasion d’employer dans cette étude, comme dans toutes celles que j’ai consacrées depuis plus de trente ans aux opérations côtières et en particulier aux sièges maritimes [1]« C’est qu’il n’y a point d’opérations qui exigent, plus que celles-ci, une méthode soutenue et minutieuse autant qu’intelligente. Il n’y en a point où il y ait plus à prévoir, à réfléchir par conséquent, et où il y ait aussi plus à savoir d’avance.) S’il ne faut, en effet, rien livrer, — ou livrer le moins possible, car rien, on ne saurait y parvenir, — à l’imprévu, toujours dangereux à la guerre, on ne peut remplir cette condition que par les investigations les plus prolongées, les plus attentives,

  1. Revue maritime, de 1884 à 1888 : « Les opérations combinées » et « Le siège maritime. »