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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/442

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D’ailleurs, les cuirassés pré-dreadnoughts et les dreadnoughts anciens qui constituent le noyau du parc de siège flottant, se sentant couverts au large par la grande escadre des unités de combat nouvelles, hésiteraient moins à « s’embarrasser, » comme on le dit trop volontiers en pareil cas, de dispositifs de protection individuelle. Il faut savoir se plier aux nécessités de la guerre. Il n’est vraiment pas possible d’admettre qu’une gêne momentanée, dont on exagère singulièrement les inconvéniens, puisse entrer en balance avec des avantages tactiques indiscutables et, par voie de conséquence, paralyser des conceptions stratégiques de la plus haute valeur.

Je ne m’arrête pas à rappeler encore, à propos de la défense des bâtimens de ligne contre les sous-marins, les services que l’on peut attendre de l’emploi « intensif » des navires légers rapides, — dont les Américains construisent en ce moment un type remarquable, — et aussi des appareils aériens. J’observe seulement que c’est autour de la flotte de siège proprement dite qu’il y aura, par la force même des choses, le plus grand nombre de ces unités légères et de ces aéroplanes ou petits dirigeables spécialisés dans la recherche des navires de plongée.


Arrivons au point capital de cette étude sommaire, puisque aussi bien l’opération essentielle de l’attaque d’une côte reste toujours le bombardement, par les élémens flottans et mobiles, des ouvrages fixes, batteries de canons longs ou de mortiers, magasins à poudre, postes d’observation et de commandement, postes de projecteurs, abris de tout genre et établissemens militaires de toute destination.

On sait quelles appréhensions cause à beaucoup de marins l’idée d’engager des bâtimens contre les batteries de terre. Il faut bien dire tout de suite que cet état d’esprit ne tient, qu’un faible compte de l’intérêt essentiel d’étudier les cas d’espèce et n’en tient aucun des avantages considérables que les engins de guerre les plus modernes donnent à l’assaillant sur le défenseur.

Les cas d’espèce, viens-je de dire ; et je ne fais, en m’excusant du reste, que répéter ce que j’ai eu souvent l’occasion de remarquer ici : comment peut-on, de bonne foi, arguer de l’échec des Dardanelles contre une proposition d’attaque du saillant de Cuxhaven, par exemple ? Quel rapprochement est-il possible de faire entre des circonstances locales aussi