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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/441

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nous plaçons : c’est celui qui a été dispose, en février dernier, au travers de la partie moyenne de la mer du Nord par nos alliés. On peut fort bien admettre que le gros des dreadnoughts se tiendrait derrière le barrage en question dont le tracé répond à la condition de n’être pas, sur une assez grande longueur, éloigné de plus de 100 milles de la côte allemande. Il faudrait seulement y ménager une grande portière, bien définie par de fortes bouées et d’ailleurs soigneusement gardée par les bâtimens légers et les appareils aériens.

Que la situation des beaux dreadnoughts de cette flotte de couverture soit, dans ces conditions, moins « confortable » qu’elle ne l’était dans les profondes et sûres rades d’Ecosse, c’est ce qu’il est impossible de ne pas reconnaître. Mais nous savons que de telles considérations n’auraient aucune prise sur les excellens marins que sont nos vigoureux alliés. Ne fut-ce pas là, d’ailleurs, le sort de l’escadre cuirassée française dans le dur hiver de 1870-1871 ? On ne dira jamais assez quelles fatigues endurèrent les équipages de ces frégates blindées du type Gloire qui roulaient « bord sur bord » à la moindre agitation des flots.


Le barrage permanent dont je viens de rappeler l’existence peut aussi être utilisé, à ses deux extrémités, cette fois, par la flotte de siège proprement dite si, comme il est probable, l’attaque méthodique du littoral allemand commence par celle de l’une des îles terminales des deux chapelets de la Frise orientale et de la Frise septentrionale ou Slesvig. Il suffirait pour cela de dévier soit dans l’Est, soit dans le Sud, suivant le cas, les derniers milles de ces filets garnis de mines. L’opération n’a rien d’impossible puisqu’elle a déjà été faite. Les Anglais ont modifié à deux reprises le tracé de leur immense barrage et, récemment, ils l’ont poussé aussi près que possible de la frange littorale, aussi bien pour gêner les sous-marins que pour intercepter les « cargos » allemands qui recommencent à naviguer dans la mer du Nord, de la Hollande ou du Jutland à leurs estuaires. Il serait donc aisé à la flotte de siège de se couvrir, au moyen d’un nouveau déplacement du barrage contre les submersibles venant des bases allemandes, Helgoland, Cuxhaven, Wilhelm’shaven. Ce serait une excellente mesure de sécurité.