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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/426

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L’attaque des côtes


Voici des questions qui soulèvent de vives controverses., Rien de plus naturel. La guerre maritime a déçu beaucoup d’espoirs. Les Alliés exercent sans doute la maîtrise de la mer, mais pas complètement. La Baltique reste à l’Allemagne et nous n’en sommes plus à nier l’importance de cette exception. En tout cas, on est surpris que la maîtrise de la mer du Nord n’ait pas abouti pour les Alliés à une emprise plus directe sur les eaux et sur le littoral de l’ennemi.

On observe en effet que si la flotte allemande reste enfermée dans ses rades, tout en faisant exécuter des « raids » audacieux par ses bâtimens légers, et que si le pavillon de l’Empire n’est plus porté, au large, que par des paquebots-corsaires (qui, du reste, le dissimulent plus souvent qu’ils ne le montrent), les sous-marins ne se laissent point du tout bloquer, qu’ils battent toutes nos mers avec des chances diverses, mais toujours trop grandes, enfin que le blocus qu’ils nous infligent pourrait bien, à la longue, balancer par ses résultats celui que l’Allemagne subit depuis trois ans.

Telle est, en gros, la situation, dont il ne faut pas exagérer la gravité, puisqu’après tout il ne dépend que de nous d’en modifier profondément l’aspect, mais que tous les sophismes intéressés des partisans du statu quo maritime ne masqueront pas aux yeux des peuples soumis à des restrictions économiques de plus en plus graves et préoccupantes.

Que, depuis longtemps, en face de cet état de choses, certains esprits se soient demandé si l’Entente n’avait pas fait