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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/290

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un soin tout particulier. Le 22 juin, il était à Belfort ; le 24 à Colmar ; le 26, il arriva aux portes de Strasbourg où le gouverneur, marquis de Chamilly, vint le recevoir. Il visita les fortifications et passa en revue la garnison. De là, il gagna Molsheim où il reçut les hommages de divers princes allemands. Le 29 juin, la Cour partit de Molsheim, coucha à Bousvilliers, puis le 30, à Bouquenon, où était le camp du duc de Villeroy, lieutenant général. Les troupes se livrèrent, sous les yeux du Roi, à l’exercice de la petite guerre ; ce n’est que le 6 juillet que Louis XIV quitta Bouquenon. Ce jour-là, de grand matin, le Dauphin, partant le premier, arriva à Sarrelouis, à la tête des troupes de la Maison du Roi. A leur tour, le Roi et la Reine se mirent en route, accompagnés de Monsieur et de Madame, et vinrent coucher à Sarrebrück.

Le 7 juillet, la Cour arriva à Vaudrevange, passant par le camp des troupes de la garnison de Sarrebrück, composée des bataillons de Picardie, de Navarre, de la Couronne, de Humières, de Vaubécourt, de Crussol, du régiment Dauphin et de quatre compagnies des dragons Dauphin. Le 8, au matin, le Roi monta à cheval et alla inspecter les travaux de Sarrelouis dont il fut satisfait et qu’il trouva fort avancés. « Sa Majesté, dit la Gazette, a été très satisfaite du bon état de ses troupes, et elle a donné des gratifications considérables aux colonels et aux capitaines. » Le Roi partit de Vaudrevange pour gagner Metz, puis Verdun et Châlons.

Ce voyage de Louis XIV marque le début de la vie municipale de la nouvelle ville. On lui donna des armoiries où figure un Soleil levant sortant des nuages ; la devise est : Dissipat atque fovet. On orna l’Hôtel de Ville de tapisseries des Gobelins qui s’y trouvent encore. L’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres fut chargée de composer et de faire graver une médaille commémorative de la fondation de Sarrelouis. Au droit, figure l’effigie de Louis XIV ; au revers, on voit « la ville de Sarlonis (sic), sous la figure d’une femme couronnée de tours. Elle montre au fleuve de la Sarre le plan de son enceinte et de ses fortifications. » En légende, Sarloisium conditum. MDCLXXXIII.

A partir de 1683, Sarrelouis eut des magistrats municipaux. Ferdinand Heil, châtelain de Vaudrevange, en fut le premier maire et deux religieux de la Congrégation des Récollets de Paris vinrent organiser la paroisse ; Jean Manderfeld, récollet,