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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/282

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Les
Français de Sarrelouis
en Prusse rhénane


I

La Sarre, cette grande rivière lorraine qui fut française et dont le cours est devenu entièrement allemand depuis 1871, prend sa source dans les Vosges, au pied du Donon et va se jeter dans la Moselle, à Konz, en amont de Trêves.

Sur son lent et sinueux parcours qu’on évalue à 240 kilomètres, elle arrose, outre un pays agricole et manufacturier, bordé de collines boisées, le vaste et riche bassin houiller de Sarrebrück ; chemin faisant, elle donne son nom à un grand nombre de petites villes ou de bourgs devenus très florissans, grâce aux industries variées qui s’y sont établies au cours du dernier siècle : Sarrebourg, à égale distance de Lunéville et de Saverne, Sarre-Union, Sarralbe, Sarreguemines, Sarrebrück, Sarre-Wellingen, Sarre-Werden, Sarrelouis, Sarrehölzbach et un autre Sarrebourg, en aval de Merzig. De ces localités lorraines que la nature a rapprochées et solidarisées jusque dans leurs noms, les échelonnant le long du même cours d’eau et dans la même vallée large et sévère, villes sœurs dont la population autochtone est identique par les traditions et les mœurs, il en est une, Sarrelouis, qui, bien qu’arrachée à la France par les odieux traités de 1815, a gardé, autant que celles qui nous furent prises par un autre abus de la force en 1871, sa physio-