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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/202

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terrible bombardement du 25 octobre 1916, qui dura quatre heures consécutives, un obus de 150 tomba, à 4 heures 45, sur l’école de filles de C…, alors que, depuis deux heures, les élèves attendaient, à la cave, la fin de l’orage.

Ainsi toutes nos écoles étaient à peu près également exposées, car il n’est à Reims aucun lieu offrant une réelle sécurité. C’est assez dire le mérite qu’eurent maîtres et enfans à travailler sérieusement, — car ils travaillaient très sérieusement ainsi qu’on va le voir.

L’examen du certificat d’études eut lieu dans la forme ordinaire, le 10 juillet 1915, à l’école maternelle, rue de Courlancy, dans le quartier le plus éloigné dus lignes allemandes. Quoique la journée fût très belle et partant très favorable aux arrosages de l’artillerie allemande, le calme fut complet. L’école, siège de l’examen, gentiment décorée par les soins des maîtresses, avait, avec tous ces enfans, endimanchés pour la circonstance, comme un air de fête : la commission, composée de quatre instituteurs et quatre institutrices assistés d’un délégué cantonal, fit subir les épreuves aux 38 candidats inscrits. Trente-six dont vingt-deux garçons furent admis. Ce fut la « Promotion du Bombardement. »

Chose étrange, alors que les distributions de prix étaient supprimées à Reims depuis plus de dix ans, on en fit une en 1915. Il est juste d’ajouter qu’elle ne fut pas banale. De diverses parties de la France on nous avait envoyé des livres et des récompenses diverses. Il fallait les distribuer, il fallait aussi encourager, par une petite fête de famille, ces écoliers zélés qui, depuis six à sept mois, affrontaient de réels périls pour continuer leurs études quand même. Et l’idée vint à M. le docteur Langlet d’organiser cette fête dans une de nos écoles de caves et dans une des plus martyrisées par l’ennemi : à l’école « Dubail, » la plus importante et non la moins originale, comme on l’a vu. Située dans un quartier certainement très exposé, elle offrait du moins cet avantage d’être un abri vaste et très sûr en cas d’un bombardement sévissant pendant la réunion.

Celle-ci eut lieu le 31 juillet 1915, 322e jour du bombardement., Le vénérable docteur Langlet présida, assisté de MM. Le