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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/187

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toutes les écoles et félicité le personnel, emportant, m’a-t-il dit, « une excellente impression de son passage dans nos classes ; il en conservera un souvenir inoubliable. » Il va rédiger de cette inspection peu banale un rapport très détaillé qu’il remettra lui-même au ministre…

Samedi 20. — Décidément les écoles de la rue des Romains (à cinquante mètres d’une batterie) et de la rue du Champ-de-Mars (Cave Mumm) sont beaucoup trop exposées : on bombarde tous les jours ces quartiers. Je vais fermer les classes pendant quelques jours.

Lundi 22. — L’inspecteur d’académie, mobilisé, a tenu avenir cependant visiter nos écoles. Il est arrivé ce matin à neuf heures et demie, et nous les avons toutes vues successivement. J’ai aussi visité avec lui les « Soupes populaires » du quatrième canton, que dirige une de nos institutrices.

Samedi 27. — A deux heures et demie, le maire, M. Langlet, vient m’informer que le sous-préfet est allé le trouver ce matin et qu’il a été convenu que, sur l’ordre du préfet, je serais chargé de l’évacuation volontaire des enfans ; la sous-préfecture délivrera les bons de réquisition de transport. Nous nous entretenons des dispositions à prendre. Le soir, j’écris à l’ « Accueil français » et à l’ « Œuvre des colonies de Vacances. » Hier, des shrapnells sont tombés sur l’école des filles du Ruisselet. Pas d’accident, heureusement.

Mardi 6 juin. — C’est aujourd’hui le début de l’évacuation volontaire des enfans. Un premier convoi de cinquante part sous la direction de trois institutrices qui les emmènent à Paris où ils seront confiés à la « Ligue fraternelle des enfans de France. » Je les accompagne aussi. A notre arrivée à Paris, nous sommes chaleureusement accueillis par le Comité de la Société. Ce fut tout un événement. Les représentans de la presse : Matin, Temps, etc., étaient là, ce qui ne laissa pas de nous surprendre ; un photographe avait été envoyé par le Pays de France. Il y avait même un opérateur cinématographique de la maison Gaumont. Nos petits Rémois en étaient tout interloqués. On fit l’appel, personne ne manquait, les enfans montèrent dans les auto-cars de la préfecture de police et furent conduits à la cantine de la rue de l’Abbaye.

Mercredi 7. — Je suis venu attendre à la gare de l’Est le deuxième convoi, comptant trente-deux enfans, dont se