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Page:Revue des Deux Mondes - 1917 - tome 41.djvu/136

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Le costume consiste dans une sorte de robe de chambre, ouverte sur la poitrine, ornée de fort belles broderies, et serrée à la taille par une cordelette qui la fait légèrement bouffer dans le dos. L’acteur masqué porte une perruque dont les cheveux, séparés par une raie au milieu, descendent autour de la tête, de façon à encadrer le masque. Un ruban enserre la perruque à la hauteur du front et se noue par derrière, tandis que les deux extrémités pendent jusqu’au milieu du dos. Les Nô comportent assez souvent des rôles d’enfans.

M. Noël Péri a analysé et défini avec une extrême précision les différentes formes, chants et musique, paroles, danses, dont le Nô se compose et qui, concurremment, ou par succession, servent d’expression à l’action. Il y a, en effet, une grande régularité, une rigueur presque rituelle dans la concurrence ou la succession de ces diverses formes, levNô étant ordonné et s’exécutant avec une constance et une uniformité liturgiques, comme une sorte de messe ou d’office. — Les formes chantées sont au nombre de neuf : le « shidai » (introduction ou prélude, qui expose le sujet de la pièce), l’ « issei, » qui est l’ « andante » mélodique du premier rôle, l’ « uta » et le « sashi, » récitatifs destinés à exprimer les sentimens des personnages ou la marche de l’action, le « kuri, » le « kuse » et le « kiri », morceaux exécutés par le chœur au commencement, au milieu et à la fin du drame, le « rongi », qui est le dialogue alterné entre le protagoniste et le chœur au moment le plus pathétique de l’action, le « waka », morceau final du protagoniste après l’exécution, par lui, de la danse qui marque et constitue le dénouement. — Les formes parlées sont au nombre de quatre : le « nanori » qui est la présentation par laquelle les personnages se nomment et se font connaître eux-mêmes, le « mondô » ou dialogue, le « yobi-kake » (appel adressé de loin à un personnage en scène,) le « katari » ou récit qui s’intercale dans le dialogue. — La danse enfin et la mimique ont une importance toute particulière : c’est la danse qui marque les étapes et progrès de l’action et qui, invariablement, en constitue le dénouement. Tous les mouvemens en sont décomposés et réglés d’une façon minutieuse. Les danses dont il s’agit sont plutôt, d’ailleurs, des attitudes, des rythmes lents, les gestes mesurés et presque compassés d’une mimique quasi sculpturale et plastique. Mais chacune de ces attitudes, chacun de ces gestes est un des momens essentiels