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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/960

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avait conservé la plénitude de sa liberté et on a fait remarquer qu’elle n’avait pas pu l’aliéner pour si peu de chose. Néanmoins, le cas semblait suspect ; mais jusqu’ici, rien n’a confirmé l’exactitude du télégramme du Times et il est probable que la nouvelle qu’il a donnée est pour le moins prématurée. La Bulgarie reste donc dans l’attitude expectante, et on annonce au dernier moment que les Alliés viennent de faire des démarches à Nich et à Athènes en vue de lui assurer les satisfactions qu’elle réclame. Mais la nouvelle est encore trop récente et trop incertaine dans ses conséquences pour que nous puissions en parler, et nous nous bornons à la donner et à en signaler l’importance.

M. Sazonof n’a pas parlé seulement de la Roumanie, il l’a fait aussi du Japon. « Vous vous êtes sans doute aperçus, a-t-il dit, que, dans ces temps derniers, la presse japonaise a discuté l’utilité d’une étroite union politique avec nous. Cette idée a trouvé également des échos de sympathie dans notre presse… Nos rapports d’alliance actuels avec le Japon doivent être les avant-coureurs d’une alliance encore plus étroite. » Nous ne pouvons que souhaiter la conclusion prochaine de cette alliance plus étroite : les deux pays y gagneront. On se rappelle qu’il a été question, il y a quelques mois, d’un concours militaire que le Japon pourrait donner aux Alliés dans la guerre. A ce moment, le Japon avait sur la Chine des projets qu’il a depuis réalisés et pour lesquels il avait éventuellement besoin de son armée : aussi n’avons-nous pas cru qu’à défaut d’autres raisons il se dessaisirait de 4 ou 500 000 hommes et les enverrait en Europe. Aujourd’hui, la situation est différente, et nous ne saurions dire si le projet d’autrefois peut être repris avec de meilleures chances d’aboutir. Mais, à supposer que le Japon veuille conserver encore toutes ses forces en Extrême-Orient, il lui est facile d’envoyer à la Russie, et même en quantité considérable, des armes et des munitions, c’est-à-dire ce dont celle-ci manque le plus. De ce côté encore et par cette voie, la situation de nos alliés ne peut que s’améliorer, et M. Sazonof était en droit de donner à son discours la conclusion suivante : « En terminant, je tiens à dire que si, après une année de guerre, les résultats de tant d’efforts peuvent ne pas paraître correspondre à leur énormité, il ne faut pas oublier que le gage du succès est dans la fermeté et la ténacité ; je peux déclarer en pleine assurance que le gouvernement, uni à l’opinion publique, ne pensera pas à la paix avant la destruction militaire de l’ennemi. Nos fidèles alliés sont animés de la même fermeté inébranlable. » En effet, nous pensons