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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/926

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EN SILENCE


Vous pleurez un héros, une sainte au cœur tendre :
Ne pleurez pas trop fort ceux que le ciel vous prit !
Peut-être qu’ils sont là, qu’ils peuvent vous entendre,
Que sur vous plane leur esprit.

Si vous les chérissiez vraiment plus que vous-même,
Ayez pitié ! N’affligez pas de vos sanglots,
De vos pleurs déchirans, leur âme qui vous aime
Dans la lumière et le repos.

Songez qu’ils ont souffert, que leur lutte est finie ;
O vous qui respectiez leur sommeil ici-bas,
Par votre angoisse aveugle et vos cris d’agonie,
A présent ne les troublez pas !

Que leur regard, s’il vous contemple, en vous ne lise
Point de révolte impie ou d’âpre désespoir ;
Que leur paix se reflète en votre âme soumise
Ainsi que dans un pur miroir.

Vous entendrez leur voix, si vous savez vous taire,
Vous suivrez leur élan dans l’espace étoile,
Et vous ne serez plus triste ni solitaire
A votre foyer désolé.


VEGA.