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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/924

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Ils ont passé… Déjà, sans doute, on les oublie,
Mais vous que fit pleurer leur divine folie,
Vous qui savez que rien ne s’achève ici-bas,

Qui dans l’ombre entendez souvent frémir une aile,
En vous penchant sur ces martyrs, n’avez-vous pas
Vu dans leurs yeux mourans poindre l’aube éternelle !


L’APPEL


Avec notre bonheur, très vite, ils sont partis,
Malgré nos yeux noyés de larmes, nos mains jointes,
Et le temps vainement efface leurs empreintes.
Lequel de nous a cru qu’ils sont anéantis ?

Chère joie envolée, ô morts grands et petits,
Qu’invoquent malgré nous nos regrets et nos plaintes,
Vous que nous bénissons chaque jour, âmes saintes
Qui de l’aile effleurez nos fronts appesantis,

Il m’a fallu sans vous m’attarder sur la terre,
Mais je ne pus rester dans ma nuit solitaire
Lorsque vous franchissiez le seuil mystérieux.

Tremblante, j’approchai de cette porte noire,
Une voix m’appela, je vis de loin vos yeux,
Et le Seigneur me dit alors : Si tu peux croire !…


LA RÉVÉLATION


Sur la route que j’ai péniblement suivie,
Tu marchais devant moi d’un pas vif et léger,
Tu chantais, tu riais à l’heure du danger,
Et tu rouvrais le ciel à mon âme asservie.