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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/919

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Poésies


AUX ABSENS BIEN-AIMÉS


Un murmure furtif interrompt le silence,
Un chuchotement tendre autour de moi grandit :
Est-ce vous ? Sur le mur une ombre se balance ;
Vers elle tout mon cœur s’élance…
Vous m’appelez. Qu’avez-vous dit ?

Est-ce ta voix mélodieuse qui soupire ?
J’entends sur les carreaux le choc d’un doigt léger :
La porte s’ouvre…. ô Dieu ! J’ai cru voir ton sourire,
Clair visage que je désire…
Des pas errent dans le verger.

C’est vous, chers absens… Non… Ce sont des froufrous d’ailes
Un rayon de soleil qui subitement luit,
Des chansons de fauvette et des cris d’hirondelles ;
Le vent dans les feuilles nouvelles
Et l’herbe haute fait ce bruit.

Une glycine en fleurs qui joue avec la brise
Se heurte à la fenêtre où s’est évanoui
L’épais rideau du givre et de la brume grise ;
Comme autrefois, — quelle surprise ! —
Le printemps s’est épanoui.