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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/9

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MINOLA

HISTOIRE D’UNE PETITE REINE MALHEUREUSE CONTE FANTASTIQUE

« Viens, enlevons-nous dans l’espace sur nos coursiers rapides, comme deux rayons jumeaux. » Tagore.

I

II y avait une fois, il y a bien longtemps déjà, dans un lointain pays, une petite Reine. Selon toutes les apparences, c’était une petite Reine heureuse ; cependant, elle n’était pas très sûre de l’être, bien qu’elle possédât tout ce qu’on s’imaginait que son cœur pût souhaiter., Quand on lui demandait si elle était heureuse, penchant la tête comme pour réfléchir à un sujet grave, à un problème de solution difficile, elle répondait d’une petite voix triste : « Je suis toujours seule, comment puis-je être heureuse ? » En effet, la petite Reine Minola n’avait qu’à formuler un souhait pour qu’aussitôt il s’accomplit, sauf un seul : celui d’avoir auprès d’elle des enfans de son âge, pour jouer avec eux et profiter ensemble de toutes les merveilles qu’elle possédait.

Vain désir I Courtisans et grandes dames de son entourage s’étonnaient, choqués d’un goût si peu royal. Parfois elle pleurait, frappait du pied, versait des larmes, de