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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/64

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seulement parmi les fondateurs de cette branche si captivante de la science : Bradley, qui découvrit l’aberration d’après laquelle chaque étoile semble décrire annuellement une très petite ellipse et la nutation qui est une légère oscillation de l’axe terrestre d’environ dix-huit ans, puis aussi l’infatigable observateur que fut William Flerschel, dont les puissans télescopes sondèrent avec tant de succès les profondeurs du ciel. Nous pouvons rattacher à notre pays le Danois Roemer à qui l’observation des satellites de Jupiter révéla que la lumière a une vitesse finie. Pour des temps plus récens, le nom de l’astronome allemand Bessel doit être rappelé pour ses travaux sur les étoiles doubles et sur la mesure de la parallaxe d’une étoile de la constellation du Cygne, ce qui faisait connaître, pour la première fois, la distance d’une étoile à la terre. Dans le monde plus lointain encore des nébuleuses, l’astronome anglais Huggins ouvre une voie nouvelle par ses observations sur les nébuleuses planétaires ; il mesure aussi le premier la vitesse avec laquelle une étoile s’éloigne ou se rapproche de la terre.

En physique générale, deux principes dominent l’énergétique. Sous leur forme thermodynamique primitive, le premier principe ou principe de l’équivalence de la chaleur et du travail est attribué généralement au médecin allemand Robert Mayer ; le second, concernant la dégradation de l’énergie, est le principe de Carnot. Toutefois l’histoire du premier principe serait à réviser. Tout d’abord, les expériences de Rumford sur réchauffement produit dans le forage des canons conduisaient à l’idée de l’équivalence de la chaleur et du travail, et il en est de même des expériences de Davy sur le frottement l’un contre l’autre de deux morceaux de glace. Mais c’est dans l’ouvrage publié sur les chemins de fer par Seguin, l’inventeur des chaudières tubulaires, en 1839, c’est-à-dire quatre ans avant le travail de Mayer, que l’on rencontre des vues précises sur le premier principe de la thermodynamique, et même un calcul sur l’équivalent mécanique de la chaleur présentant une grande analogie avec celui du médecin allemand. De plus, dix ans auparavant, Carnot, modifiant ses vues sur le calorique, avait nettement indiqué le premier principe dans des notes trouvées après sa mort survenue en 1832, mais qui ne furent publiées que longtemps après. Il est donc légitime de regarder Sadi Carnot (qui était le fils aîné de Lazare Carnot) comme le créateur de la