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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/63

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céleste est une science presque uniquement française, avec les grands géomètres que nous venons de citer et auxquels, en continuant jusqu’à nos jours, il faut joindre ceux de Poisson, de Gauchy, de Le Verrier et de Henri Poincaré. Je n’ai garde d’oublier le Suisse Euler, qui fut un des grands analystes de la seconde moitié du XVIIIe siècle, et l’Allemand Gauss, illustre dans tant d’autres domaines ; si grande que soit leur œuvre astronomique, elle ne renferme cependant pas en Mécanique céleste les mêmes découvertes capitales que celles d’un Lagrange ou d’un Laplace.

Je ne puis guère insister ici sur le domaine abstrait des mathématiques pendant le XIXe siècle. Parmi ceux qui ont ouvert les voies les plus fécondes, il faut citer Gauchy, Galois, Gauss, Abel et Fourier. Le premier, en créant la théorie des fonctions de variables complexes, a donné une vie nouvelle à l’analyse mathématique, et, en ce sens, les travaux les plus modernes relèvent de lui ; c’est ce qu’on oublie souvent en Allemagne. On doit les notions les plus essentielles sur la théorie des groupes à Galois, qui en a fait d’admirables applications à la théorie des équations algébriques, et ces notions ont pu être transportées plus tard en analyse. Le nom de Gauss, à qui la géométrie infinitésimale doit de grands progrès, domine surtout la théorie moderne des nombres, déjà explorée avant lui avec éclat par Fermat, Lagrange et Legendre. Cette science du discontinu, si difficile pour nos esprits habitués par les phénomènes naturels à l’idée de continuité, a été souvent appelée la reine des mathématiques ; ce fut plus tard un des grands mérites d’Hermite d’introduire le continu dans certaines questions d’arithmétique supérieure. Les travaux sur les fonctions elliptiques et sur des transcendantes plus générales ont rendu célèbre le nom du Norvégien Abel. Quant à Fourier, son ouvrage sur la théorie analytique de la chaleur a fait époque en physique mathématique ; il contient le germe des méthodes employées dans l’étude des équations différentielles auxquelles conduisent de nombreuses théories physiques, et les séries qui portent le nom de Fourier ont fait l’objet d’immenses généralisations.

Dans l’astronomie d’observation, on trouve, pour les temps modernes, les véritables pionniers dans les pays latins ou anglo-saxons. Sans remonter jusqu’à Galilée, indiquons