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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/59

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L’histoire des sciences et les prétentions de la science allemande


En parlant de la science, nous avons uniquement en vue les sciences mathématiques, physiques et naturelles. Les admirables découvertes faites dans ces domaines depuis trois siècles ont été souvent citées comme exemples des progrès de la civilisation. Mais il faut éviter ici de graves confusions. Parmi les progrès de la civilisation entendue au sens le plus large et le plus humain, figurent aussi les progrès de la moralité, et on ne doit pas oublier que la science et la moralité sont loin de progresser de pair, l’accroissement de la connaissance scientifique ne rendant pas nécessairement les hommes plus moraux. Ainsi, le sentiment de l’honneur et le respect de la parole donnée n’ont pas de commune mesure avec la connaissance des lois relatives à la compressibilité des gaz et à l’action des aimans sur les courans électriques. Les sciences peuvent contribuer au bonheur et au bien-être de l’humanité ainsi qu’au soulagement de ses misères, mais elles sont aussi susceptibles de concourir aux fins les plus criminelles.

Ces constatations sont banales ; les événemens actuels permettent seulement de les faire une fois de plus et dans des conditions singulièrement étendues. Cependant, ceux qui croient le moins à une influence profonde de la culture