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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/579

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Notre optimisme aura le dernier mot. Il puise sa force dans la triple conscience de ce qu’il a fait, de ce qu’il est, de ce qu’il défend.

Il a fait des prodiges, où son énergie s’exalte pour en faire de nouveaux. Il sait sa richesse foncière et quelles, merveilleuses hérédités l’ont préparée. Il sait la valeur infinie de ce qu’il défend.

Certes nos ennemis ont un bel optimisme et nous en éprouvons les effets. Mais ses sources sont impures. Ils se réclament du Droit, mais d’un Droit contingent, déterminé par la force. Le Droit du plus fort est une régression vers l’homme des cavernes qui réglait tout avec son poing armé d’un silex, — une monstruosité, puisque le caractère essentiel du Droit est d’être la force du faible, — un crime contre la vérité, car la pensée allemande octroie l’imminente dignité du réel à un pur concept de l’esprit, favorable à ses ambitions, au lieu que le concept se doit toujours subordonner à la réalité donnée par l’expérience. Ils invoquent leur vieux Dieu, mais leur Dieu est jeune, très jeune, né d’hier avec leurs projets insensés auxquels ils l’associent, comme ils le font complice de la Violence, méthodiquement organisée pour les actes les plus abominables. Leur Dieu exprime des forces mauvaises et troubles, les puissances d’en bas, les puissances infernales. Il est Satan lui-même, Satan, superbe de force, mais toujours mégalomane, touché par la folie originelle de son orgueil.

Notre Droit ne dépend d’aucune contingence. Il est supérieur à tout, égal pour tous, pour les faibles comme pour les forts, pour les petits peuples comme pour les grands. Notre Dieu n’est ni vieux, ni jeune. Rien ne le détermine que lui-même. Il est parce qu’il est, et cela suffit. Il est le vrai, le seul. On le reconnaît à ce signe qu’il est l’éternel ennemi de Satan, son éternel vainqueur.

L’humanité saluera son triomphe, le nôtre, par un long cri de délivrance.


Dr EMMANUEL LABAT.