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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/391

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Les particuliers ne seront pas plus téméraires et l’Etat seul reste donc chargé à la fois des avances et des installations. Or, il ne peut céder une partie de ses achats à la population civile qu’en multipliant les entrepôts et en acceptant la responsabilité des transports, — par wagons spécialement aménagés, — jusqu’aux marchés principaux de l’intérieur. L’Etat devient ainsi l’organisateur, le bailleur de fonds, le négociant et peut-être même le courtier d’une entreprise nouvelle dont les difficultés techniques et les comptes financiers échappent à toute évaluation précise !

On reste à la fois surpris et effrayé quand on songe que l’administration et ses agens, si mal préparés à cette tâche, se disposent à joindre les opérations sur les viandes aux opérations sur les blés ! Cet effroi et cette surprise ne sont pas moindres quand on constate que la réalisation du projet officiel suppose invinciblement les longs délais que nécessiteront des aménagemens de navires, des constructions d’entrepôts et de machines a produire le froid, des transformations de wagons, et des cessions de marchandises dans des conditions impossibles à prévoir.

Ne serait-il pas plus sage de borner le rôle de l’Etat à l’introduction des viandes congelées que les troupes doivent recevoir, ne serait-il pas plus prudent et moins coûteux de subventionner des entreprises privées qui se chargeraient du commerce de ces viandes à la condition qu’on leur garantit d’une façon formelle la liberté et la sécurité de leurs opérations ?

En attendant, l’importation libre du bétail et de la viande conservée, — sous toutes les formes possibles, — doit être permise, facilitée et encouragée. La hausse même des prix rend cette opération commerciale plus facile puisqu’elle assure, à ceux qui en prendraient la charge, des profits plus étendus.


CONCLUSION

C’est un devoir, à nos yeux, d’affirmer, en terminant, notre confiance dans l’avenir et de ne pas douter, un seul instant, soit de l’extraordinaire puissance de notre production agricole, soit de l’invincible vaillance de ceux qui la réalisent dans toutes les régions de notre territoire.