Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/385

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


cher à Pythagore, mette l’homme en état d’infériorité physique. En Angleterre, ce sont les cyclistes végétariens qui tiennent le record de la vitesse. M. le professeur Lefèvre avec un régime presque végétarien (sucre, fruits, pain, fromage) a pu faire, plusieurs jours de suite et sans surmenage, des courses de montagne correspondant à 700 000 kilogrammètres par jour, soit près du double du travail d’un bon ouvrier.

« La vérité est entre les deux régimes… »

Voilà qui est très précis et très sage et la population civile dispose encore d’une quantité de viande supérieure à celle qu’elle pouvait consommer il y a trente ans ; les moutons, les porcs, les animaux de basse-cour sont nombreux, et enfin les alimens végétaux ne font pas défaut. D’autre part, les salaires se sont notablement élevés depuis 1880 ou 1890, et, par suite, en dépit de la hausse des prix, le pouvoir d’achat des classes laborieuses a augmenté.

Cela veut-il dire qu’il ne faut faire aucun effort pour mettre de la viande à la disposition des consommateurs et pour limiter les pertes de notre troupeau ? Assurément non, et parmi les remèdes proposés pour parer à la crise actuelle, il en est un dont nous devons parler avec soin.


LES VIANDES IMPORTÉES ET L’INTERVENTION DE L’ÉTAT

L’achat de bétail ou de viandes à l’étranger est évidemment la solution des deux problèmes posés : celui de l’approvisionnement de la population, et celui de la reconstitution du cheptel national. En Angleterre l’importation des viandes congelées, refroidies, salées ou conservées en boîtes, est un fait bien connu, et l’organisation du transport aussi bien que du commerce de la viande étrangère est assurée depuis plus de vingt ans. En 1914, nos voisins ont acheté 694 000 tonnes de bœufs et de moutons réfrigérés ou congelés qui viennent d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de l’Amérique du Sud (Argentine, Uruguay, Venezuela), des États-Unis, du Canada, etc., etc. Cette énorme importation est admirablement organisée, et non pas improvisée, grâce à l’aménagement d’une véritable flotte de steamers pourvus de chambres à air froid, grâce aussi à la construction de nombreux entrepôts frigorifiques dans les ports ou dans les