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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/364

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de bataille. L’héroïsme patriotique fournirait déjà de quoi remplir une bibliothèque ; il éclate en des millions de gestes qui honoreront éternellement les huit pays unis contre les Barbares. Le drame semble surhumain, d’une grandeur plus qu’eschylienne, plus que dantesque, plus que shakspearienne, et chacun s’efforce de s’élever au-dessus de soi-même pour demeurer à la hauteur d’une épopée d’autant plus sublime qu’elle dérive des plus nobles sentimens, d’autant plus immense qu’elle met aux prises la moitié de l’humanité guidée par les passions les plus violentes. Tous rivalisent de courage, de dévouement, de générosité, de désintéressement ; les femmes, des enfans eux-mêmes avec les hommes, les civils avec les soldats, les pauvres avec les riches, les ouvriers avec les patrons, nos armées avec les armées alliées. La France manifeste une fois de plus cette âme immortelle qui lui a fait vingt siècles de splendeur tantôt brillante et tantôt pathétique. A la lueur flamboyante d’événemens formidables, nous avons tous reconnu que l’armée est l’école des vertus patriotiques, qu’honorer le courage, c’est le créer, qu’avant la grande famille humaine, il faut chérir la famille restreinte qui est la patrie :

Et plus je suis Français, plus je me sens humain.


VICTOR DU BLED.