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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/302

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engrais chimiques, dont l’importation n’a cessé d’augmenter. De 200 000 quintaux en 1871-75, elle a passé à 7 millions de quintaux en 1906-1910. Les exportations des produits de la terre ont augmenté, en un demi-siècle, dans des proportions inouïes : celle du tabac à raison de 400 pour un, celle de la farine de 200 pour un ; celle, du raisin est cinq fois, celle des fruits frais huit fois ce qu’elle était il y a vingt ans. La production de céréales n’est pas suffisante pour satisfaire à tous les besoins : chaque année, l’Italie importe une quantité plus ou moins forte de blé, qui acquitte un droit d’entrée élevé : les recettes du Trésor de ce chef sont d’autant plus considérables que la récolte est plus déficitaire. Aussi les comptes budgétaires séparent-ils ce chapitre des autres, afin que cet accroissement, peu désirable, ne soit pas confondu avec les augmentations de recettes normales qui sont un signe de prospérité. Les écarts de revenu du chef du droit sur les céréales sont considérables : en 1907-08, il a produit 34 millions ; en 1912-13, 141 millions. Il a donc varié du simple à plus du quadruple.

L’industrie s’est surtout développée dans le Nord. D’après le recensement de 1911, elle occupait près de 2 millions et demi de personnes. Des 46 000 moteurs, deux tiers sont hydrauliques ; sur 1 600 000 chevaux de force produits, 980 000 environ sont transformés en énergie électrique, le reste en lumière. L’Italie, riche en chutes d’eau, est pauvre en combustible minéral : elle importe presque tout celui qu’elle consomme. C’est là un des côtés faibles de sa situation, de même que l’insuffisance des gisemens sidérurgiques, qui ne fournissent guère aux fonderies que la moitié du minerai dont elles ont besoin. Ces inconvéniens sont compensés par l’abondance, le bon marché et l’excellente qualité de la main-d’œuvre.

La création de sociétés par actions a suivi une marche relativement lente : leur capital total n’atteint pas 5 milliards de lire ; la moyenne des émissions d’actions et d’obligations, au cours des dernières années, oscillait aux environs de 400 millions. En dehors des sociétés indigènes, nombre de sociétés étrangères opèrent dans le royaume, où elles sont taxées en proportion du capital qu’elles emploient en Italie : c’est ainsi qu’une société argentine est imposée pour 1 million, 18 autrichiennes pour 18 millions, 44 belges pour 136 millions,