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Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 28.djvu/149

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L’enlèvement d’une princesse de Hohenzollern au XVIIe siècle


I

Vers l’année 1636 arrivait à Cologne un officier de fortune, du nom de Massauve, fils d’un gentilhomme de Montpellier, aventurier lui-même, et que les hasards de la guerre avaient conduit à Nancy, où il avait épousé la fille du gouverneur.

Le jeune Massauve avait été élevé parmi les pages de l’archiduc Léopold, évêque de Passau et de Strasbourg ; puis il était entré dans le régiment lorrain de Vaubécourt où il avait obtenu une compagnie, et de là, il était passé au service du roi Louis XIII, avec le même grade de capitaine.

Malheureusement, il abusa des passe-volans, ainsi que l’on appelait, à cette époque, les hommes d’emprunt, faux soldats destinés à figurer aux montres ou revues pour les manquans, dont la solde entrait ainsi dans la poche du commandant de la compagnie.

Un jour d’inspection, comme les vides de la compagnie de Massauve dépassaient la mesure, le commissaire royal adressa de vifs reproches au capitaine et déclara qu’il ferait un rapport au Roi. Furieux, notre Méridional s’oublia au point de saisir la