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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/929

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Revue dramatique


COMEDIE-FRANÇAISE : Macbeth, traduction de M. Jean Richepin. — THEATRE DU VIEUX-COLOMBIER : La Nuit des Rois, traduction de M. Théodore Lascaris. — Bibliographie : Deux études sur Shakspeare. — Ce qu’il faut taire, comédie en trois actes de M. Arthur Meyer.


Si les chefs-d’œuvre de notre théâtre classique ne doivent jamais quitter le répertoire de la Comédie-Française, il est juste que les grands drames de Shakspeare y reparaissent à des intervalles qui ne soient pas trop éloignés. Ils appartiennent à la littérature universelle. Il ne suffit pas qu’on puisse les lire dans des traductions plus ou moins fidèles. Ils ont été écrits pour le théâtre : c’est au théâtre qu’il faut les voir. Ils sont l’œuvre d’un des plus grands poètes qui aient existé : il est à souhaiter qu’un poète se fasse leur interprète dans notre langue. Comme toutes les créations immortelles de l’art, ils vivent, ils évoluent, ils se modifient avec le temps ; à moins que ce ne soit le milieu où ils sont représentés qui change, et les publics successifs qui, dans un état d’esprit différent, en aperçoivent des aspects différens et y découvrent d’autres raisons de les admirer. A vingt ans de distance, le système d’adaptation n’est plus le même ; car nous aurons beau faire, et, quel que soit notre moderne et très légitime scrupule d’exactitude, on ne pourra jamais transporter les chefs-d’œuvre du théâtre étranger sur notre scène qu’en les y adaptant. La mise en scène, ou, comme on dit dans le jargon d’aujourd’hui, la « présentation » se renouvelle. Enfin certains artistes mettent leur empreinte sur le rôle qu’ils incarnent et en enrichissent d’autant l’histoire. De même que nous avons su gré à la Comédie-Française de nous avoir donné, le mois dernier, une excellente reprise des Femmes savantes, félicitons-la donc, ce mois-ci, d’avoir monté avec beaucoup d’intelligence et de soin la traduction en vers de Macbeth due à M. Richepin, véritable traduction de poète au verbe