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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/777

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La fin de l’empire


De nombreux amis l’ayant sollicitée de publier les manuscrits laissés par Emile Ollivier sur la fin de l’Empire, madame Emile Ollivier, réalisant d’ailleurs une des dernières volontés de son mari, s’est décidée à donner à la Revue les trois chapitres dont la publication commence aujourd’hui. Les lecteurs qui ont aimé les récits de l’Empire libéral les accueilleront avec intérêt et sympathie, bien qu’il y manque, hélas ! ce trait final qu’y mettait toujours l’éloquent écrivain dont l’intelligence et le talent ont conservé intacts jusqu’à la fin leur vigueur et leur éclat. M. Emile Ollivier, on s’en souvient, avait suivi le maréchal de Mac Mahon jusqu’à Sedan, et on ne saurait trop regretter qu’il n’ait pas écrit le récit de la bataille suprême. Dans les chapitres qui suivent, il revient à Paris et raconte les derniers jours du régime.


I

L’Opposition se montrait d’une habileté supérieure. Elle caressait, cajolait, enguirlandait Palikao : « Vous avez une gloire à conquérir, lui disait Gambetta, c’est celle de délivrer le territoire. J’ai l’espoir que, mettant toute opinion politique de côté, vous vous mettrez à la hauteur de cette noble mission (12 août). » Et le ministre fut salué des applaudissemens de la Chambre entière.

Enchanté, endormi, Palikao lâcha tout. Sur un rapport dithyrambique de Dréolle qui, en bon prophète, annonça que Paris n’aurait plus que des enfans dévorés de l’ardeur nationale, héros de l’ordre et du patriotisme, l’Opposition obtint l’armement général. La garde nationale fut rétablie dans tous les départemens conformément aux lois de 1851, l’organisation commençant par les villes en état de siège et les départemens