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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/473

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




Les résultats des élections sont maintenant connus. Au milieu du désarroi qu’a présenté la dernière Chambre pendant une grande partie de la législature et qui s’est encore aggravé à la fin, nous avons dit plusieurs fois que le pays n’avait à attendre son salut que de lui-même. Il n’a malheureusement pas eu l’air de s’en soucier et la Chambre de demain ne sera pas en progrès sur celle d’hier. On pourrait dire que tous les partis y ont conservé leurs positions, si l’un d’eux, le parti socialiste unifié, n’avait pas sensiblement accru la sienne. Les socialistes unifiés étaient 68, ils ont gagné 33 sièges et seront désormais 102. Ils ont acquis ces sièges au détriment des radicaux, en vertu d’un pacte fait avec eux dont nous parlerons dans un moment, et des progressistes : les premiers ont perdu 14 sièges et les seconds 16. Les unifiés sont en somme le seul groupe qui ait le droit de s’enorgueillir de ses succès : les autres sont, à peu de chose près, restés ce qu’ils étaient.

Cette situation mérite une étude particulière, qui sera faite plus tard, quand les chiffres définitifs auront pu être contrôlés, mais, dès maintenant, il semble malheureusement hors de doute qu’il sera difficile de constituer une majorité quelque peu stable. Nous avons dit que les socialistes unifiés étaient 102 ; les radicaux unifiés sont 161 ; les socialistes indépendans 33 : cela ne fait que 296, ce qui n’est pas la majorité sur un total de 602 membres. Il est vrai que l’autre moitié de la Chambre ne comprend qu’une douzaine de voix de plus et que, si la majorité est de ce côté, elle sera si faible qu’un gouvernement n’y trouvera pas non plus une majorité solide. Elle ne pourrait d’ailleurs se constituer avec la droite. La question est de savoir ce que feront les radicaux ou radicaux-socialistes non unifiés et ce qu’on appelle les républicains de gauche. Très vraisemblablement ils