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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/426

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Notre époque jugée d’après les Salons de 1914


La mode est aux centenaires, la curiosité aux restitutions du passé. Pour se figurer ce que fut ce passé, on a recours à l’histoire, aux mémoires, aux lettres intimes, mais aussi aux tableaux, aux statues, aux portraits surtout, comme décelant des nuances de la sensibilité, des aspects de la mode ou des prétentions de l’attitude que la parole n’a pu enregistrer. Il n’est guère de ces évocations qui ne s’accompagnent, aujourd’hui, d’images du temps, tirées des tableaux alors en vogue, ou des estampes qui couraient de main en main, quelquefois sous le manteau. Même les œuvres d’imagination sont mises à profit, car savoir ce dont rêvaient les naïfs, les songe-creux et les poètes, il y a un siècle, et sous quelles formes ils se représentaient la gloire, le bonheur ou l’amour, c’est encore pénétrer dans leur intimité et mieux connaître les mouvemens de leur cœur. L’habitude une fois prise, il est peu probable qu’on y renonce. Si, dans un siècle, on recherche ce qu’était la France, en 1914, comment elle sentait et ce qu’elle pensait, il est certain qu’on ira consulter son art. Que dira-t-il, alors, pour nous et contre nous ? Quelle image donnera-t-il de notre vie, quel témoignage sur nos mœurs, différent ou semblable, après l’histoire, le théâtre et la collection des journaux ? Si l’on se demande : « Quel était l’idéal des Français au XXe siècle ? Qu’admiraient-ils et qu’aimaient-ils à figurer autour d’eux ?