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trouve en ce moment un peu renversé. Mais si la paix est sauvée, c’est le principal. Le sera-t-elle ? Il faut l’espérer, mais nous n’en sommes pas sûr, car des questions subsidiaires restent à résoudre, et M. Wilson ne l’est pas davantage, car il exprime la crainte « qu’un acte quelconque d’agression de la part de ceux qui dirigent les forces militaires mexicaines n’oblige les États-Unis à agir d’une façon qui pourrait détruire l’espoir d’une paix immédiate ; mais ceci ne justifierait pas, ajoute-t-il, une hésitation à accepter votre généreuse suggestion actuelle. »

En effet, aucune hésitation n’était possible. C’est une bonne fortune, quand tant de fautes ont été commises, qu’une chance de les réparer se présente inopinément. Le général Huerta, à son tour, a accepté la médiation, mais ce sont là, d’un côté et de l’autre, des acceptations de principe, et rien ne prouve encore qu’on s’entendra sur les conditions. Espérons que MM. Wilson et Bryan y mettront du leur. Ce sont de grands pacifistes et personne plus qu’eux n’a prôné l’arbitrage international. Ils se sont mis à l’œuvre et aussitôt ils ont conduit leur-pays à la guerre. L’ironie serait ici trop facile. M. Wilson avait-il donc oublié le tribunal de La Haye ? Il est heureux pour lui que les républiques latines lui en aient tout à point offert un autre.


FRANCIS CHARMES.

Le Directeur-Gérant, FRANCIS CHARMES.