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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/223

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Soleil des températures formidables et des pressions chiffrant par milliards d’atmosphères. Que peuvent être les gaz sous de pareilles pressions ? Nous n’avons aucun moyen de l’imaginer.

Nos connaissances solaires positives se rapportent d’une part à la photosphère elle-même et aux phénomènes connexes, taches et facules, et d’autre part aux diverses couches de l’atmosphère solaire qui entourent la couche photosphérique et dont les dernières s’étendent jusqu’à plusieurs millions de kilomètres du Soleil. Nous passerons donc en revue ces divers phénomènes.


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C’est la photosphère qui nous envoie la majeure partie de la chaleur et de la lumière que nous recevons du Soleil. Ses rayonnemens sont d’ailleurs un peu absorbés par l’atmosphère solaire sus-jacente et c’est ce qui fait, comme on l’a constaté, que le bord du Soleil est d’une part moins brillant, d’autre part plus rouge que le centre. Notre atmosphère se comporte de même : elle absorbe les rayons solaires, mais inégalement et plus du côté violet du spectre que du côté rouge, et c’est pourquoi le soleil couchant nous semble à la fois moins brillant et plus rouge que le soleil de midi.

Considérée dans son ensemble, la photosphère nous envoie des quantités d’énergie rayonnante dont la détermination exacte est depuis longtemps une des opérations fondamentales de l’astronomie physique. La puissance lumineuse du Soleil a été déterminée par diverses méthodes qui ont fourni des résultats concordans. L’auteur de ces lignes notamment, par l’emploi de son photomètre hétérochrome, est arrivé à ce résultat que l’hémisphère du Soleil tourné vers nous envoie dans l’espace autant de lumière que neuf milliards de milliards de milliards de bougies décimales. Le misérable lumignon dont nous parlions tout à l’heure est donc, somme toute, assez brillant malgré tout.

Pour exprimer l’énergie thermique du rayonnement solaire (dont les rayons lumineux ont aussi leur part) les astrophysiciens définissent une certaine unité qu’ils appellent la constante solaire et qui est la quantité de chaleur reçue normalement du Soleil pendant une minute par chaque centimètre carré de la Terre, addition faite de ce qui en est absorbé au passage par notre atmosphère. On a eu grand tort, comme nous le verrons, de nommer ainsi cette unité, car la quantité qu’elle mesure n’est rien moins que constante, mais les astronomes ont mieux