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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/220

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REVUE SCIENTIFIQUE

QUELQUES TRAVAUX RÉCENTS SUR LE SOLEIL

L’étude de cette petite étoile que les poètes classiques appellent l’ « astre du jour » a fait depuis quelque temps des pas de géant. Quand on pense qu’il y a quelque deux mille ans à peine, — un atome de l’éternité — je ne sais plus quel Athénien souleva un grand scandale, et fut même accusé d’impiété pour avoir osé suggérer que le Soleil était peut-être plus grand que le Péloponèse ; quand on se souvient que, tout près de nous, il y a un siècle, le grand Herschel croyait le Soleil habité, et que, plus récemment encore, Arago le croyait habitable ; quand on met en regard de tout cela nos connaissances récentes sur cet astre, on ne peut se garder d’admirer la marche triomphale que la science a réalisée dans ce domaine naguère à peine défriché. Mais à côté de toutes les choses que nous savons aujourd’hui du Soleil, celles que nous commençons à peine à soupçonner sont, comme nous allons voir, bien plus nombreuses encore. Toute la vie terrestre est suspendue au Soleil comme sont accrochés les légers fils de la vierge aux ballonnets mystérieux qui les promènent dans les bois. Cette importance il la tient seulement de sa proximité ; il est tout près de nous, à 150 millions de kilomètres à peine, ce qui est peu de chose dans l’espace sidéral. Cela nous a permis de l’étudier plus à fond que les autres étoiles ; les résultats récens de cette étude sont suggestifs et très inattendus sur bien des points, mais, par ailleurs, ils n’ont fait que dresser devant nous des interrogations nouvelles. En jetant un coup