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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/207

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De toute la politique étrangère de l’empereur Napoléon III, qui n’a pas toujours été aussi bien inspiré, l’acte le plus intelligent fut celui par lequel il aida à la formation de cette principauté, destinée à devenir bientôt un royaume, où la langue et les idées françaises sont plus en honneur que partout ailleurs. Nous avons là-bas une sorte de sentinelle avancée dans le Sud-Est de l’Europe, avec laquelle nous devrions entretenir des rapports beaucoup plus suivis que ceux qui existent aujourd’hui. Nos amis roumains se plaignent de ne voir assez souvent ni nos hommes politiques, ni nos hommes de science, ni nos financiers, ni nos commerçans. Sachons comprendre cette nation comme elle nous comprend ; montons souvent dans l’orient-express qui nous transporte en quarante-huit heures à Bucarest, et nous verrons notre commerce, notre industrie, nos finances ressentir les effets bienfaisans de l’établissement de relations suivies entre les deux pays. La foule qui s’était massée en juin 1913 devant le Palais royal de Bucarest pour réclamer la mobilisation contre la Bulgarie, se porta ensuite devant la Légation de France et acclama notre drapeau. C’est elle aussi qui en 1870 affirma hautement ses sympathies pour le vaincu. N’oublions pas ces témoignages : ils ne nous sont pas prodigués de par le monde ; sachons les apprécier et agir en conséquence.


RAPHAËL-GEORGES LEVY.