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Page:Revue des Deux Mondes - 1914 - tome 21.djvu/122

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Le Roi exprima ses regrets de ce que le Duc d’Orléans était à ces bêtises de Chantilly, ce qui l’empêchait d’aller faire, sur-le-champ, sa visite au représentant de la Prusse, ainsi qu’il l’a fait pour l’ambassadeur d’Autriche.


20 mai. — On vient de recevoir ici la nouvelle de l’arrivée des princes à Berlin, et de la manière amicale dont ils ont été reçus par le roi de Prusse et toute sa famille. Le public même a montré beaucoup d’empressement à leur rendre hommage. Le Roi et la Reine ont été si parfaitement satisfaits de cette nouvelle, qu’ils se sont empressés d’inviter le baron et la baronne de Werther, leur fils et leur fille, à la promenade et au dîner auxquels nous avons été invités, il y a peu de jours, de la part de Leurs Majestés, et qui doivent avoir lieu dans le parc du Raincy lundi prochain, lendemain de la Pentecôte.

Cette petite excursion devait être, dans le principe, purement autrichienne, c’est-à-dire que les invitations s’étaient bornées à l’Ambassadeur, à l’Ambassadrice, Rodolphe II, Jules et moi, et aux deux ménages Schönburg et Brezenheim ; mais les nouvelles de Prusse ont tellement touché Leurs Majestés, que le représentant de ce pays et sa famille ont été ajoutés à l’Autriche.

Depuis le départ des princes, on ne parle ici que de leur mariage avec deux de nos archiduchesses. On ne se contente plus d’une, il leur en faut deux, car Mgr de Nemours a aussi, dit-on, grande envie de s’allier à la maison d’Autriche.

Dans ce voyage, l’empressement avec lequel on a reçu les princes à Berlin est un coup de foudre pour le parti carliste ; c’est une véritable tuile qui lui tombe sur la tête, au moment où il travaillait à l’exécution d’un grand projet dont, tout absurde qu’il fût, il se promettait de grands résultats : il ne s’agissait de rien moins que d’enlever le Duc de Bordeaux à Prague, de le transporter à Saint-Pétersbourg et de le faire entrer au service de la Russie. Les plus zélés ajoutaient qu’un tel honneur ne serait accordé à l’empereur Nicolas que sous certaines conditions imposées par le parti carliste.

Se sont mis à la tête de cette entreprise MM. de Fitz-James, de Jumilhac, un jeune La Bouillerie et Alfred de Falloux. Ce dernier est, parmi ces jeunes gens, celui qui a le plus de sens commun, et je m’étonne de le trouver dans cette aventure. Co grand secret devait être nécessairement divulgué ; aussi ceux