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Page:Revue des Deux Mondes - 1913 - tome 13.djvu/448

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4421 REVUE DES DEUX MONDES. Ainsi que je l'aimais dès ma verte jeunesse Aimeras-tu la mer, et sa lente caresse S'allongeant sur le sable d'or comme un baiser? Les barques de pêcheurs, légères et coquettes, Sortant du port ainsi qu'un blanc vol de mouettes Qui sur les flots va se poser? Aimeras-tu, — car tout est contraste en ce monde! Et le brillant Paris, et la Provence blonde? Goûteras-tu de l'un l'élégance et l'esprit? De l'autre la douceur, l'air salubre, la joie, La brise qui frémit, la route qui poudroie Et le bon soleil qui sourit? Auras-tu, comme moi, l'amour des heures calmes? Quand un souffle léger, se jouant dans les palmes. T'apportera la fraîche haleine du jardin; Quand tout sera silence, et tendresse, et mystère, Ne te diras-tu point que, sur la triste terre. Parfois tombe un regard divin? Et plus que le repos infécond et suave, Chériras-tu le bon, le dur travail qui brave L'insidieux assaut des soucis dévorans; Le travail, ce tonique pur, qui nous relève, Et nous fait, par l'effort, réaliser ce rêve- D'être meilleurs, d'être plus grands? Actif, aimeras-tu les actives journées ? Connaîtras-tu l'ardeur des longues randonnées Un fusil à la main, par les champs et les bois? Comprendras-tu la joie élégante et jolie De tenir une épée, éclair souple qui plie Et qui s'anime entre les doigts?