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441 Sera-t-elle facile et sans rude montée? Par des ombrages frais largement abritée ? Ou dure, te menant à des pays glacés? Sous l'averse qui cingle et daas le vent qui pleure Y sauras-tu marcher sans faiblir, jusqu'à l'heure Où Dieu te dira : « C'est assez I » Et comment seras-tu dans ta forme agrandie, Cher enfant?... Auras-tu la démarche hardie, Le regard énergique et le geste assuré ? Ou bien, charmant toujours par ta grâce timide. Auras-tu conservé ce sourire candide Que nul chagrin n'a défloré? Quels seront tes désirs?... Et quelle est ton envie?. Vers un but défini mèneras-tu ta vie ? Rêveras-tu la gloire et son éclat vainqueur? Ou te suffira-t-il, loin de la renommée, De vivre pour l'amour d'une compagne aimée Et de t'endormir sur un cœur ? Et quels seront tes goûts? Qui [sait? Les miens, peut-être ?. joie !... un peu de moi se transmettre à ton être ! L'n peu de moi survivre à mon moi dispersé! Et ceux qui m'ont connu pouvoir, — tard, je l'espère ! - Voir dans le petit-fils revivre le grand-père Et dans le présent le passé! Aimeras-tu le ciel, enfant, comme je l'aime? Aux heures de douleur, comme je fis moi-même, Tourneras-tu vers lui tes regards anxieux ?.,-. Suivras-tu dans sa course un fantasque nuage? Goûteras-tu le grand repos qui suit l'orage Et les beaux soirs silencieux?