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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/901

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Une étude sur Le Play


M. le comte Léon de Montesquiou a publié, pour les rattacher, ou montrer de quelle manière ils se rattachent, à la cause monarchique, une étude sur Bonald (le Réalisme de Bonald) et une étude sur Auguste Comte (le Système politique d’Auguste Comte). J’ai lu ces très bons livres, et si je n’ai pas parlé du Bonald et du Comte, c’est parce que j’ai si souvent entretenu le public de ces deux personnages ! Mais j’ai moins parlé de Le Play et ceci m’est une occasion très agréable d’en discourir, car le livre de M. de Montesquiou est fort bien fait.

M. de Montesquiou était dans une situation un peu délicate en l’écrivant ; car il est « nationaliste intégral, » c’est-à-dire monarchiste et il est de ceux qui mettent avant tout la question de la forme du gouvernement et qui disent : « Politique d’abord ; » et Le Play est à peu près indifférent à la forme du gouvernement et il prendrait volontiers pour maxime le mot de Lamartine : « Quel que soit le gouvernement, l’aider à bien faire ; quel que soit le gouvernement, l’empêcher de faire mal. » M. de Montesquiou blâme cet « indifférentisme, » ou, pour mieux dire, cette indifférence, puis montre, avec pleine raison, que Le Play ne laissait pas d’être plutôt monarchiste que républicain.

Sur ce second point, je ne ferai aucune objection à M. de Montesquiou.

Sur le premier, je dirai que je ne suis presque pas de son avis. Assurément, j’ai mes préférences et l’on peut savoir qu’elles sont pour la République avec institutions aristocratiques ; mais, tout compte fait, je crois que la forme du pouvoir supérieur est,