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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/705

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publique, n’y utilise nullement, quoi qu’on en ait dit, l’heure du fuseau oriental pour ses télégraphes et ses chemins de fer, mais bien celle de l’Observatoire de Poulkovo, qui par une curieuse coïncidence s’en trouve très voisine, mais en diffère cependant d’une minute et 18 secondes. Un grand nombre d’États américains ont encore leurs heures particulières. En Europe même, le Portugal a, il est vrai, adhéré depuis cette année aux fuseaux ; mais, en revanche, les Pays-Bas viennent de s’en retirer et sont revenus depuis peu et par un vote de leurs assemblées législatives à l’heure d’Amsterdam. Quant à la Grèce. elle paraît pour l’instant ne pas vouloir abandonner le méridien initial d’Athènes. Ce sera même une conséquence curieuse du dépeçage prochain des territoires turcs, que ceux qui reviendront à la Grèce, et qui auparavant faisaient partie du système des fuseaux, en sortiront aussitôt. Mais le cas le plus extraordinaire est celui de l’Irlande qui s’est jusqu’ici absolument refusée à adhérer à la nouvelle organisation et garde comme base horaire le méridien de Dublin. En ces matières, tout comme en d’autres qui relèvent de la politique, il y a quelque ironie dans le nom de Royaume-Uni dont on décore les Iles-Britanniques.

En remplaçant pour régler son heure notre vieux méridien de Paris par celui de Greenwich, la France s’est donc montrée généreuse, et d’autant plus que, peu de temps auparavant, la Chambre anglaise s’était refusée à adopter notre système métrique. Le Parlement britannique a voulu peut-être nous rendre notre politesse de Fontenoy ; il a voulu que Messieurs les Français tirassent les premiers. Maintenant que nous avons son méridien, espérons que l’Angleterre adoptera le système de poids et mesures d’une si lucide beauté dont la France a doté le monde. Attendons…


LA TRANSMISSION DE L’HEURE PAR T. S. F. ET LE PROBLÈME DES LONGITUDES

L’importance grandissante de ces questions dans la vie de l’humanité a amené la réunion d’une Conférence Internationale de l’heure, qui s’est réunie il y a six semaines à l’Observatoire de Paris. Seize États,. — les principaux, — y’étaient représentés.

La première des questions discutées a été celle de la détermination même de l’heure : elle se fait en observant le passage au plus haut point de sa course soit du soleil, soit d’une des nombreuses étoiles dont les positions angulaires par rapport à lui sont d’avance connues. On emploie pour cela dans les observatoires la lunette méridienne qui