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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/677

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Revue musicale


THEATRE DE L’OPÉRA-COMIQUE : La Danseuse de Pompéi, opéra-ballet, tiré du roman de Mme Jean Bertheroy par Mme Ferrare et M. Henri Cain ; musique de M. Jean Nouguès. — THEATRE DE L’OPERA : Les Bacchantes, ballet d’après Euripide ; scénario de M M. Naquet et Alfred Bruneau, musique de M. Alfred Bruneau. — Histoire de la langue musicale, par M. Maurice Emmanuel, professeur au Conservatoire national de musique : Paris. H. Laurens, 1911.


L’histoire de la critique musicale a gardé le souvenir d’une interrogation fameuse. « Pourquoi, » se demanda naguère Léon Tolstoï, après avoir entendu la répétition d’un opéra, « pourquoi tant de gens réunis, et de tout état, chanteurs, musiciens d’orchestre, machinistes, se donnaient-ils tant de mal, et de tant de façons, à la fois dans l’ordre de la matière et dans l’ordre de l’esprit ? » Et sans doute, l’opéra qu’on avait répété ce jour-là n’étant rien d’autre et rien de moins que le Siegfried de Richard Wagner, la réponse à la question de Tolstoï n’était pas très difficile. Elle serait plus malaisée après la représentation de la Danseuse de Pompéi, ou des Bacchantes, et l’on ne voit pas bien les raisons, — musicales, — qu’il peut y avoir de jouer la musique de M. Jean Nouguès ou celle, — d’ailleurs très différente, — de M. Alfred Bruneau.

Que si l’on imagine la partition de M. Nouguès exécutée au piano par M. Nouguès, et par lui chantée avec la voix dite « de compositeur, » que le compositeur de la Danseuse de Pompéi doit, comme tout autre, posséder ; si l’on se figure ladite exécution dans un cabinet directorial, réduite aux seules ressources, à l’unique effet de la musique pure, alors on comprend de moins en moins quel charme a pu subir M. le directeur de l’Opéra-Comique ; on s’étonne, on se plaint qu’il ait voulu faire une fois encore de ce qui n’est rien pour l’oreille, quelque chose,