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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/673

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Derrière les coteaux, le soleil disparaît :
Une mosquée en feu s’élève sur sa trace,
Verte et pourpre, parmi les cendres de l’espace,
Et la Foi chante, en haut de son haut minaret.

Une cigogne passe, une rhaita soupire.
Le couchant fastueux s’éteint dans un sourire :
Le Rêve a la douceur d’un amour éternel.

C’est l’heure où le Maghreb lance aux deux son appel :
La voix des Muezzins s’exalte, et la Prière,
Comme un nouveau soleil, fait pleuvoir sa lumière.


IV


Tu le lèves enfin, lune à la face ronde !
Du lait semble aussitôt ruisseler sur du lait.
Dans la cour aux murs nus où ta clarté se plait :
Ce ne sont que pâleurs qu’une pâleur inonde…

L’eau danse, scintillante, en la vasque profonde :
Sa liquide chanson joue avec son reflet,
Miroitante féerie et sonore ballet !
L’heure fuit perle à perle et seconde à seconde…

Les tapis de Rabat, laine et chaude couleur,
Déroulent sur le marbre une pelouse en fleur,
Mais le ciel irradie à la fenêtre haute,

Et, touchés par l’azur dont la douceur séduit,
Quatre grands peupliers enfoncent, côte à côte,
Un long peigne d’airain aux cheveux de la nuit.


LE SOLEIL ÉTERNEL



I


C’est une heure limpide où lame se recueille,
Où le réel n’est plus qu’un grand songe divin,
Où, sauf le vent qui passe et l’insecte et la feuille,
Tout est menteur et vain.