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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/667

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Le Chant du Moghreb


POÉSIES



DERNIÈRE CHARGE


La harka haillonneuse, aux larges étriers,
Toute remplie, hier, de la voix du Prophète,
Par les coteaux fleuris et les moissons en fête,
Fit résonner sa voix et ses appels guerriers.

Tout à l’heure, elle a fui, sous les coups meurtriers
Des cavaliers français, hurlant à sa défaite !
Les sabres furent prompts ! Et devant la Mort prête,
On vit, aux fils d’Allah, des pieds de lévriers !

Elle a fui, la harka, sur des pistes sanglantes !
Les troupes, maintenant, se reforment, sans bruit.
Le soleil joue avec les armes aveuglantes.

Tout est calme. Pourtant, là-bas, où l’orge luit,
Son délire bercé par un galop sonore,
La tête fracassée, un spahi charge encore !