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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/645

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du 3 octobre 1904, dans son interprétation la plus large et la plus amicale, comme en ce qui concerne les différens objets du présent accord. Ils s’engagent enfin à se prêter réciproquement le concours pacifique le plus entier sur toutes les questions d’ordre général concernant le Maroc, ainsi que le comporte la cordiale et amicale entente qui existe entre eux par rapport aux affaires de l’Empire chérifien. » Les autres articles étaient relatifs, le premier à la police des ports dont il assurait la répartition entre la France (Casablanca et Rabat) et l’Espagne (Larache et Tetouan) ; le second, à la répression par les deux puissances de la contrebande des armes ; le troisième, aux intérêts économiques et financiers. C’était tout un programme de collaboration qu’on ne livrait point au public, mais qui, pour ceux qu’il associait, soulignait les raisons d’une solidarité à laquelle la conférence allait, trois mois plus tard, offrir une mémorable occasion de s’affirmer.

Cette solidarité, en dépit de l’intrigue intense qui se joua quinze semaines durant à Algésiras, ne se démentit pas et, à l’issue de la crise, le gouvernement français et le gouvernement espagnol se retrouvèrent aussi unis qu’à son début. Grâce à cette union, ils avaient réussi à réduire au minimum les modifications apportées à leurs accords : succès d’autant plus appréciable que des indiscrétions individuelles, œuvre de la minorité espagnole mal disposée envers la France, avaient fait connaître à l’Allemagne les dispositions de ces accords. Dès la première séance, le duc d’Almodovar avait communiqué au plénipotentiaire français, M. Revoil, son discours d’ouverture. Un instant, du 17 au 19 février, la pression allemande déconcerta la délégation espagnole et l’Allemagne n’ayant pu faire accepter à l’Espagne la mission de se charger seule de la police des ports, — ce qui eût été nettement contraire aux accords franco-espagnols, — l’attira dans le piège d’une police purement marocaine qui eût été l’abandon déguisé de ces accords. Mais ce fut une erreur toute passagère, explicable et sans conséquences.

Par la suite, soit dans le débat sur la Manque, soit dans le débat sur la police, les plénipotentiaires espagnols, notamment M. Perez Caballero, prirent une part active et brillante à la défense des intérêts communs. même la délicate question de répartition des ports et la négociation à laquelle elle donna lieu entre Paris et Madrid n’entamèrent point cette solidarité. Les