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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/637

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France et Espagne (1902-1912)


Pénélope a terminé sa toile. M. Garcia Prieto, secrétaire d’État du royaume d’Espagne, et M. Geoffray, ambassadeur de la République française, ont mis le point final au traité qu’ils préparaient depuis un an. Nous n’entendrons plus dire, tantôt que les négociations sont en bonne voie, et tantôt qu’elles subissent une crise. L’accord est conclu, accord laborieux et disputé, dont il faut oublier la difficile genèse, si l’on veut, comme il convient, en recueillir le fruit tardif.


I. — LA COLLABORATION

Que la France et l’Espagne dussent avoir l’une et l’autre une politique marocaine et que ces politiques dussent être solidaires, la géographie comme l’histoire l’exigeait, et la nature des choses se fût vengée de quiconque eût passé outre à cette exigence.

Il n’est aujourd’hui plus besoin de revenir sur les motifs qui ont conduit la France au Maroc. Ils ont été longuement débattus à la tribune et dans la presse et ont pendant longtemps divisé les esprits ; mais aujourd’hui, les faits sont accomplis et toute discussion rétrospective ne pourrait qu’affaiblir l’union dont nous avons plus que jamais besoin. Il est certain qu’une frontière commune de douze cents kilomètres nous créait des