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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/607

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Si tu n’as fait ta rhétorique Chez Satan, le rusé doyen, Jette, tu n’y comprendrais rien… </poem>

La réflexion philosophique du Prologue :

Aujourd’hui l’Action et le Rêve ont brisé
Le pacte primitif par les siècles usé
Et plusieurs ont trouvé funeste ce divorce
De l’Harmonie immense et bleue et de la Force,

n’est qu’une redite diluée du distique baudelairien, plus concis, plus nerveux :

Certes, je sortirai, quant à moi, satisfait.
D’un monde où l’Action n’est pas la sœur du rêve.
(Le reniement de saint Pierre.)

Ce vers du Cauchemar : « Sans bride, ni mors, ni trêve » est la transcription, avec un simple changement de rythme, de ce vers du Vin des Amans : « Sans mors, sans éperon, sans bride. »

L’image finale de la pièce Dans les bois :

… sous un fourré, là-bas, des sources vives
Font un bruit d’assassins postés se concertant,

malgré tout l’intérêt de l’effet de surprise obtenu si adroitement par le doigté de Verlaine, perd quelque chose de son air d’originalité, lorsqu’on découvre une première intention de cette image dans un vers de la pièce de Baudelaire intitulée Sépulture :

Vous entendrez toute l’année
Sur votre tête condamnée
Les cris lamentables des loups…
Et les complots des noirs filous.

La pièce Soleils couchans, rangée dans Paysages tristes, pièce exquise d’ailleurs avec sa sinueuse phrase musicale :

<poem> La mélancolie Berce de doux chants Mon cœur qui s’oublie Aux soleils couchans,