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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/578

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rapports avec elle se sont bornés à des mouvemens de métal ; en effet, les billets argent donnent lieu à l’ouverture d’un compte d’échange provisoire, dans lequel le Trésor verse de l’or et reçoit de l’argent destiné à servir de couverture aux billets. Cette émission simultanée des deux catégories est, aux yeux des financiers serbes, le moyen de fournir au pays des instrumens d’échange en quantité suffisante sans menacer l’encaisse or. Nous ne discuterons pas ici cette théorie, dont la justesse va être mise à l’épreuve : il conviendra de voir comment se comporteront les changes. Au cours des dernières années, la prime sur l’or s’était élevée jusqu’à 15 pour 100, et avait ensuite disparu.


IV. — GRECE

L’intérêt que nous portons à la Grèce remonte aux origines du jeune royaume, que nos armes, plus que celles d’aucune autre puissance, contribuèrent à fonder au début du XIXe siècle. La France n’a cessé depuis lors de lui donner un appui moral et matériel qui s’est traduit récemment encore pat-renvoi d’une mission militaire, dont l’influence sur la réorganisation de l’armée hellène parait avoir été décisive. Nombreuses sont les entreprises de travaux publics auxquelles nos capitaux ont participé. Avant tout, nous avons été les principaux bailleurs de fonds du Trésor ; l’état de ses finances nous importe particulièrement, puisqu’on estime que les trois quarts des obligations helléniques sont dans les portefeuilles de nos rentiers.

Lorsque Capodistrias, élu le 2 avril 1827 gouverneur de la Grèce par un vote de l’assemblée « le Trézène, débarqua’ quelques mois plus tard a Nauplie, la situation semblait presque désespérée : Missolonghi et l’Acropole d’Athènes avaient été repris par les Turcs ; Ibrahim Pacha occupait presque tout le Péloponnèse. Seules, quelques places fortes de la Morée, la Mégaride, les îles de l’Archipel, Samos et une partie de la Crète restaient libres. Mais bientôt le général Maison chassa les Arabes de la Morée, Capodistrias reconquit une grande partie du territoire repris par les Ottomans, et s’efforça de rétablir un peu d’ordre dans les finances, qui n’existaient pour ainsi dire pas. Les recettes de l’année 1828-29 (mars à février) furent de 8