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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/436

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Le second avantage, moins évident, mais non pas moins certain, résulte de la régularité et de l’horizontalité des vents au-dessus de la mer. L’aviateur terrestre rencontre, en pays accidenté, même à des altitudes assez fortes, par beau temps comme par mauvais temps, des courans obliques, des sautes de vent et des rafales soudaines, des « poches d’air. » Le commandant Renard évalue à 12 pour 100, la proportion d’accidens dus à ces remous de l’atmosphère. L’aéroplane n’a pas à redouter ces dangereux caprices quand il vole au-dessus de l’Océan. « La mer, nous disait un officier aviateur, est le champ idéal de l’aviation. » Quant à la grande brise, au coup de vent, qui semblent devoir rouler comme des feuilles mortes ces frêles mécaniques, ils n’ont sur elles d’autre action que d’entraver ou d’accélérer leur marche. Plongé tout entier dans le milieu aérien, l’aéroplane s’y trouve dans une situation analogue à celle du sous-marin naviguant entre deux eaux. L’un et l’autre sont emportés par le courant. Ils peuvent n’être pas assez forts pour lutter contre lui, mais ils n’en subissent pas le choc, parce qu’ils n’ont pas de point d’appui pour lui résister ; et, selon le langage des marins, ils ne « fatiguent » pas.

Résultat singulier : sur trois navigateurs à la mer, l’un en surface, l’autre en plongée, le troisième à 500 mètres en l’air, par grand vent et nier dure, seul le premier souffrira de la brutalité des élémens.


VII

L’utilité immédiate de l’aviation comme auxiliaire de la défense navale est l’observation à grande distance.

A l’heure actuelle, supposant la guerre déclarée, par conséquent la mobilisation commencée, et toutes les précautions de la première heure déjà prises, une force navale ennemie se proposant de faire une démonstration sur un point du littoral