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Page:Revue des Deux Mondes - 1912 - tome 12.djvu/403

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vaccinans, c’est-à-dire des virus atténués qui sont ainsi devenus des vaccins inoffensifs. Voilà le principe des vaccinations pastoriennes.

C’est avec le microbe du choléra des poules que ce principe de la préparation des vaccins par l’atténuation du virus fut démontré pour la première fois. Le choléra des poules (qui n’a rien de commun avec le choléra de l’homme) est une maladie très grave des oiseaux de basse-cour, due à la présence dans le sang d’un microbe particulier, découvert par Toussaint et étudié par Pasteur. On atténue progressivement ce virus par l’action combinée de l’air et de la lumière. Après un mois, les cultures ne tuent plus la poule qu’en deux à trois jours ; enfin, plus tard, elle ne tuent qu’en cinq à six jours ; enfin, plus tard encore, elles ne produisent plus que quelques symptômes, qui disparaissent rapidement, et l’animal est vacciné contre une inoculation virulente antérieure.

La généralité de la méthode a été affirmée immédiatement par la découverte, bien autrement importante au point de vue social, du vaccin contre le charbon. Le charbon est une maladie infectieuse, commune à l’homme et aux animaux ; chez l’homme, qui manipule les peaux d’animaux malades, c’est la pustule maligne, l’œdème malin ou la septicémie charbonneuse ; chez les animaux (moutons), c’est le sang de rate. Le charbon est la première maladie infectieuse dont la nature microbienne ait été démontrée. Davaine, en 1863, sous l’influence des idées de Pasteur, montra que les bâtonnets, qu’il avait décrits en 1850, avec Rayer, dans le sang des animaux morts du charbon, sont les agens producteurs de cette maladie. Koch, en 1876, découvrit les spores de cette bactéridie. Pasteur, Joubert et Chamberland cultivèrent ce microbe et reproduisirent la maladie en inoculant ce bouillon.

On connaît les « champs maudits de la Beauce, » dans lesquels tous les moutons mouraient du charbon. Pasteur a montré que, dans la terre de ces champs, il y a des spores charbonneuses, provenant des cadavres d’animaux charbonneux, qu’on y avait enterrés ; ces spores avaient été ramenées par les vers de terre à la surface et avalées par les animaux avec leur nourriture. Pasteur a appliqué à la préparation du vaccin anticharbonneux les mêmes principes que pour le choléra des poules. Seulement, comme les spores de la bactéridie charbonneuse